Paracelsia

† La Madone Anthracite †

Jeudi 12 novembre 2015 à 17:26

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Le bruit est assourdissant, il y a comme une atmosphère de sacrilège dans cette foire aux monstres, des déserteurs de l'amour, des passionnés de la chair, des inconditionnels perdus dans leur fantasme et je ne sais plus comment me définir ou m'imaginer, je joue simplement le jeu. Ici, comme tant d'autres, je me nomme anonyme, j'entretiens le mythe, je ravive les corps, je déclenche la passion, dès qu'il est là, dès qu'il semble être dans les parages, mon nom est putain, mon âme est saoule et mes jambes closes, je serre les cuisses comme l'illusion parfaite de l'avoir encore en moi et le retenir. La sono se déchaîne, la musique est affolante, mon amour s''est échoué loin de moi près d'une ombre nue qui étire tout son corps fiévreusement sur une mélodie mélancolique. Une jeune brune à la peau laiteuse et scintillante lorsque la lumière s'attarde faiblement sur elle. Je comprends le désir pour elle, cette danse lascive l'excite, mais il ne la touche pas, je l'observe près d'elle, la cigarette coincé entre ses lèvres, les volutes de fumées qui lui font plisser les yeux, les cheveux lisses et soigneusement remonté en un chignon parfait. Ce soir il est singulièrement efféminé, il laisse des traces de rouges à lèvres sur son verre qu'il finit par tendre à la danseuse. Elle s'approche de lui, soutient son regard qui achève d'avoir raison d'elle. La créature est déjà à ses pieds, obscène à présent, elle se colle à sa jambe pressante, je me redresse en signe de protestation, mais l'autre me retiens, l'autre me fait rassoir contre lui, il repose ma main sur la couture de son pantalon qui se met à me brûler, il me sert aussi fort qu'il le peut, son bras m'enlace par derrière et je sens son souffle chaud contre mon cou, il me chuchote de regarder. Mon amour se laisse faire, la jeune fille se comporte comme une chienne en chaleur, un animal en souffrance, elle caresse son visage contre la toile de son pantalon, elle renifle et cherche, j'ai même de la peine pour elle car ce jeu s'éternise, il reste immobile, la cigarette se consume sans qu'il ne l'exauce. Cet animal à terre c'est moi, je supplie pour un morceau de lui. L'autre me tient toujours contre lui, j'ai la poitrine en feu tellement il m'enserre, implacablement. Je sens l'extrémité de sa langue s'échauffer contre le lobe de mon oreille droite. Je m'étouffe jusqu'à l'agonie tellement c'est fort, la musique vrille mes tympans pourtant j'entends ses chuchotements, je desserre les jambes, je me laisse aller oubliant l'endroit, les yeux toujours rivé sur le spectacle de sa déchéance à elle. Mon amour lui attrape les cheveux, enfonce son visage dans son aine, elle ne se défend pas lorsqu'il l'asphyxie entre ses cuisses. Je suis hypnotisé, je le trouve majestueux, j'avais mille pensés à l'orée de mes désirs, mon corps tendu vers lui, prisonnier d'un autre. Regarde moi, regarde moi! Une main se glisse à l'intérieur de mon ventre, je dois être désirable puisque tous m'observe, même lui. Ses yeux se posent enfin sur moi, la pression sur la jeune fille n'est plus utile, je gagne, c'est moi qui l'intrigue. Mon amour délaisse son jouet et se tourne vers nous, il avance vers moi comme dans un film, le teint diaphane les yeux transperçant, le sourire carnassier et toujours cette cigarette qui ne semble plus avoir de fin. Mon coeur lutte pour ne pas imploser et l'autre me chuchote de me rendre, d'être plus calme, il s'enfonce en moi et m'écartèle de son autre main, je me laisse faire enivré par son approche, assise sagement sur les cuisses de l'autre qui s'accroche, me lubrifie me chuchote l'envie. Mon amour s'avance au ralentit, le temps s'arrête lorsqu'il se meut parmi la foule, il me tient du regard. Il a les yeux cerné de khôl, le rouge aux lèvres. Il écrase sa cigarette sur la table et se colle à moi. Me retrouver prise entre ces deux hommes, écrasé, désiré, je suis prise de convulsions quand il s'enfonce aussi en moi avec ses yeux paisibles, le tempo tout entier change, la musique cogne à présent dans ma tête, il remue contre moi au rythme des percussions, m'effleure les lèvres avec les siennes, j'ai l'impression d'être là sans y être, l'orage me traverse le corps me paralyse les pieds, mes ongles s'accrochent aux bras du fauteuil, j'ai les larmes aux yeux, ça coule au fond de la toile de coton et le long de ma cuisse. Je sens ses mains contre la peau de mon cou, il engage sa langue dans ma bouche, serre les doigts et me dévore comme l'autre. Je n'arrive pas à fermer les yeux parce qu'il est là sur moi, l'intensité de son regard me bouleverse, au son de la boîte s'ajoute nos soupirs enragés et mes cris, je jouis littéralement contre eux, je n'arrive plus à respirer.
Je reprends mon souffle dehors, il fait nuit sur la capitale, la rue est sombre et silencieuse, je titube derrière eux jusqu'à ce qu' Ezra s'arrête pour me parler, mais je n'entends rien, je suis épuisé. Baptiste me soulève du sol et me cale sur son dos comme un vieux bagage, puis ils poursuivent leur route à travers le bitume, ils ne vivent pas trop loin. Mes yeux me brûlent, pourtant je ne cesse d'observer Ezra, mon amour qui fume encore le mégot suspendu à ses lèvres, le rouge vif a complètement bavé sur son menton, il sourit tout seul puis s'approche de Baptiste pour lui souffler un peu de fumée dans la bouche et l'embrasser, je finis par m'endormir. Qu'est-ce qu'une femme faisait au milieu de ses deux là, me demandait sans cesse ma mère, _ l'amour c'est tout. J'étais éperdument amoureuse d'Ezra, de son allure, sa façon de fumer comme s'il avait la chose la plus désirable au monde entre les lèvres et qu'il vous dévisageait avec ce feu dans le regard. Je rentre sous terre, je rampe sous lui pour son regard, je m'affame, je me rabaisse à l'aimer et le partager. C'est moi l'intruse, l'avilissante, le fromage dans le pain, je me plais à les voir s'entremêler. Comme je hais Baptiste de le faire jouir à ma place, pourtant je reste, je persiste, je m'abîme entre ses deux là pour l'aimer, lui, subir l'autre, me faire baiser par eux, les dorloter et être cette pute à pédé qu'on déteste du coin de l'oeil. Je préfère penser que j'ai été choisis, qu'il y a un an chaussé sur mes escarpins lors d'un dîner pour un vernissage, leurs yeux se sont posés sur moi et qu'ils m'ont élue à deux. Le piège s'était refermé sur les pupilles et les baisers d'Ezra , le venin s'était introduit par les mots et les caresses de Baptiste. A l'appartement, il fait une chaleur écrasante, Baptiste m'a posé doucement sur le lit et ouvre la fenêtre, il reste un moment à contempler les lumières envahissante de la ville, le bruit des quelques taxis qui vrombissent dans l'ombre. Ezra se joint à lui complètement nu, je ne l'ai pas vu ôter ses vêtements. Mon amour passe nonchalamment la main dans les cheveux hirsutes de son amant, lui caresse le visage et l'embrasse langoureusement, Baptiste et lui s'étreignent et j'ai honte de ne pas être contre eux, je regarde vaguement le manège de ces deux-là ronger par la jalousie. Ezra tire sur ses mèches, lui mords le cou et c'est là que Baptiste me surprends. Il me sourit gentiment en arrêtant Ezra. Ils se tournent vers moi avec une moue taquine, je suis une pauvre équation qui boude d'être délaissé.

http://paracelsia.cowblog.fr/images/3/2617988.jpg Photographie by Laura Makabresku ©

 

Mardi 13 octobre 2015 à 16:46

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Il me semble me souvenir d'un parfum entêtant qui me ranimait près de toi, une odeur si obsédante que je n'aurais pour rien au monde voulut quitter ce nid, que tu ne t'en ailles plus de moi et qu'à jamais tu t'enivres au fond du puits, le remplir et m'étouffer sous tes mots. Il me semble que l'amour n'avait aucune place et n'effrayait pas encore nos maux, que la faim et la supplication faisaient partis des amusements délicats et violents de ces jours si clairs. Il était doux de te regarder faillir et t'amuser de mes inconvenances, tes yeux me poussant toujours plus loin aux envies nouvelles. Il me semble que j'avais envie de te baiser tout le temps et que c'était une récréation plus qu'une aversion, que le danger n'avait aucune résonance et que seul le défi emportait tout sur son passage. Suis-je devenue une autre mon très cher pianiste, sommes-nous devenus terne au point de tenter de nous oublier? Qui étions-nous avant que la vie nous rattrape...

http://paracelsia.cowblog.fr/images/NetLigne37.jpgIllustration by Rebecca Yanovskaya ©

Mardi 3 mars 2015 à 14:47

http://paracelsia.cowblog.fr/images/ZdzislawBeksinski-copie-1.jpg"M'avaler de larmes contre ta peau, le velours de tes yeux sur moi, ce qui me transperce et me brûle jusqu'à couler au fond de ma gorge, c'est toi tout entier. La soie de tes mains glisse sur mon corps. Je respire, transpire de vagues jusqu'à l'affolement total, et je m'agrippe à toi, car je ressens la sensation d'être perdue sans avoir peur de l'être à jamais, et tu pénètres doucement l'antre de chair, cette chaleur que tu désires. Ma langue aime s'égratigner à la naissance de ta barbe. J'étouffe alors, lorsque tu creuses au plus loin de moi, aussi profondément, aussi vite que tu le peux. Je voudrais mourir lorsque tu grognes entre ma poitrine. Je t'aime mes larmes sur ta langue, les yeux dans ton néant, la folie entres mes reins."



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Illustration de Zdzisław Beksiński ©

Vendredi 6 février 2015 à 16:06

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Il y a une semaine, mon recueil de Nouvelles est sorti par le biais de la maison d'Edition "La Société des Ecrivains", il est en vente sur le site. Le Recueil fait 148 pages environ, certaines nouvelles ne sont pas à mettre entre toutes les mains, pour le Cycle de Polly qui avait tant plût il apparaît sur ce receuil.


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Photo de Zap Ann ©
Couverture du Livre par FéeBrile ©

Mercredi 26 février 2014 à 13:52

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"Pour ma Mimi étoilée, ma Marcia éreintée, mon Michelet apaisé, ma blondeur Zap étiolé, mon amour farouche aux billes braisées dans leurs orbites ensoleillés, à ma nourriture illuminée qui me fit naître, mes amours transits, aux beaux mots, aux couleurs cendrées et éparpillées, à ma Zoubida au sourire sans pareil, mon Axelle apprivoisée, mon Monsieur Œuf adoré, aux photographes écorchés et ma perversion imagée, ma FéeBrile de tous ses feux, mon trésor aux jours naissants, à tombeaux mes chevaliers aux ronces mes princesses…"

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Samedi 21 juillet 2012 à 23:55

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Il y a une semaine, mon recueil de Nouvelles est sorti par le biais de la maison d'Edition "La Société des Ecrivains", il est en vente sur
le site. Le Recueil fait 310 pages environ, certaines nouvelles ne sont pas à mettre entre toutes les mains, La Nouvelle ci-dessous n'apparaîtra pas, car elle peut heurter la sensibilité des gens, mais les autres sont à peu près du même acabit. Pour le Cycle de Polly, il sera sur le deuxième recueil .









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                                                                                                            Photo by Patrick Jannin ©
                                                                                                      Couverture du livre par Zap Ann 
©

Mardi 5 juin 2012 à 15:10

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Mardi 5 juin 2012 à 14:50

Ceci est un extrait d'une des Nouvelles (Ton grand Méchant Loup) qui ne paraîtra pas sur le Recueil "Te Haïr Je Ne Peux" car cela pourrait offensé un certain nombre de personnes et que la maison d'Edition ne veut pas prendre de risque... Il faut savoir que je suis définitivement et complètement contre la pédophilie et que cette histoire n'est pas écrite afin de séduire certains types de malades ni de faire du mal. Toutes les nouvelles sont à peu près du vécut, du ressentit et un déchaînement de sentiments parfois négatifs sur le monde et ses habitants, mais les cicatrices s'écrivent sur la peau et sur tous les supports susceptible de m'apaiser. Si vous voulez l'histoire complète, me demander le mot de passe afin d'y accéder...
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"Il y avait ces routes sinueuses certains soirs, ces lumières de chaque côté de la rue. Il y régnait une paix quasi religieuse. De me sentir seul face à ce silence inouï, j'avais des frissons tout le long de la colonne vertébrale. Je percevais même le plus petit bruit émanant de son jardin comme des notes de cristal. La petite était un spectacle à elle seule. Sous le feu de la lampe fade du porche, elle ramassait ses poupées, pieds nus, les cheveux défaits et la robe large. Ses bretelles glissaient constamment sur ses épaules satinées. J'imaginais son parfum, la saveur de sa peau, et je suintais dans le noir. Le plaisir était fulgurant, cela me montait jusqu'au cerveau, jusqu'aux bourses. Aussi, mes visions devenaient plus précises, plus jouissives, plus violentes et précises. La petite semblait flairer le danger, elle se tournait vers l'obscurité quelques instants, l'air hébété, la bouche entrouverte. Elle avait peur sans comprendre. J'aurais aimé souffrir sa frayeur contre moi, la mordre jusqu'au sang pour la sentir fondre sous moi, comme ses poupées qu'elle bafouait les après-midi dans son bac à sable. Sur le point de jouir contre le poteau téléphonique froid, la main de sa mère l'attrapa par les épaules, et la petite sursauta, surprise. La femme était sidérée de la voir pleurer si soudainement. Alors, pour la rassurer, elle la prit dans ses bras, regarda à droite à gauche, méfiante, puis rentra dans la maison. J'éjaculai tout de même, guidé par mes fantasmes ; l'envie d'une rencontre sublime entre elle et moi, son innocence et ma bestialité. J'avais tellement envie de la dévorer que je sentais mon coeur se rompre chaque jour un peu plus.

De retour à la maison, ma femme se terra immédiatement dans un coin du foyer. Elle le faisait constamment. Elle avait les yeux cernés de fatigue, la peau flétrie. Je peinais à croire que la jeune femme épousée il y a quelques années de cela se ratatinait avec si peu de grâce au fil du temps. Aigrie à la simple vue de mon visage, ma présence à elle seule suffisait à la rendre démente. J'entendais les bruits de ses pas dès l'ouverture de la porte ; la partie de cache-cache commençait ainsi, mais je finissais toujours par la rejoindre bien vite. Ce soir, recroquevillée dans un coin de la cuisine, elle suppliait en silence tandis que je caressais l'émail de ma boucle de ceinture. Ce geste la rendait hystérique : ça la figeait sur place, elle en tremblait de tous ses membres. Je défis donc lentement la liane qui entourait mon pantalon et libérai son pire cauchemar. Elle détourna de suite le regard, les larmes aux yeux, la bouche béante. Elle essayait de pousser un cri, de me prier d'arrêter, mais rien ne sortait. Ses doigts étaient crispés dans le vide. La garce ressemblait ainsi à un vieux tableau monstrueux, une pauvre mendiante décrépite. Pourtant c’était avec l'image de la petite May que je m'enfonçais jusqu'à la glotte, que je ressortais et que je pénétrais encore ce gouffre qui finissait par ruisseler de vomi et de sperme. Je devrais être moins mauvais, mais cela me plaît de rester au fond même lorsqu'elle s'étouffe et tente de se libérer. Je lui chuchotais d'avaler gentiment si elle voulait l'autorisation pour dîner par la suite, et ma Sophie obéissait.

Les jours suivants, je les passais à la suivre de très loin. Je prenais le soin de ne pas m’occuper plus que ça de sa présence. Elle n'était jamais seule. La gamine tenait toujours les mains d'un adulte ou d'un autre enfant. Souvent, elle s'éloignait pour ramasser une chose sur le sol (elle aimait faire de jolies trouvailles qui émerveillaient sa mère). Je compris que pour pouvoir l'attraper, il me faudrait trouver une chose aussi brillante que toutes ces merdes inutiles qu'elle adorait dérober au sol. J’avais alors fait tomber un bijou de ma femme près de la rivière où elle adorait venir taquiner les poissons et grenouilles qui fourmillaient les jours d’été. Comme un conte pour enfants, je semais des trésors brillants au bord de l’eau afin qu’elle suive le chemin tracé par mes soins et me trouver. Me projeter dans l’avenir avec elle me mettait dans un tel état d’excitation que je me branlais derrière les fougères hautes. Il faisait très chaud par ailleurs et ce jour là, elle portait une tenue des plus satisfaisantes. Une petite robe à fleurs et à bretelles, des sandalettes sans chaussettes et le plus beau de tout : elle avait de jolies couettes pour cette sortie. La mignonne ramassait les bijoux, elle hurlait à sa mère qu’elle venait de trouver des choses brillantes, mais celle-ci lui fit signe de ne pas aller trop loin et continuait de se prélasser au soleil auprès de ses amies. La belle petite trop enivrée par sa chasse au trésor s’éloigna tout de même jusqu’à ne plus être dans le champ de vision des femmes, jusqu’aux fougères où elle m’aperçut. Étrangement, elle ne hurla pas, elle me sourit très gentiment et m’adressa un bonjour des plus naturels. Elle connaissait ma femme et se rappelait sans doute m’avoir vu plusieurs fois avec elle. Je lui offris des bonbons qu’elle accepta les yeux pétillants de gourmandise."
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Création by Gisèle Vienne et Dennis Cooper ©

Mercredi 23 décembre 2009 à 22:04

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Mon Dieu ! Mais quelle chaleur ! J’avais à peine effleuré les dalles tièdes d’un bout d’orteil que le degré de la pièce me contamina. Les pieds froids, les fesses à l’air, déjà émue par le frottement doux du tissu sur mon corps nu, je pénétrai dans la chambre aux plinthes multicolores et aux luminaires en forme de gâteaux. Il y avait dans l’air comme une odeur sucrée (sans doute un quelconque parfum de synthèse vanille épicée) et capiteuse, tout comme la situation dans laquelle je m’étais enferrée par simple curiosité et goût du jeu. C’était mon cadeau d’anniversaire et je n’allais décemment pas refuser cette extraordinaire invitation. J’avais la tête qui me tournait légèrement, complètement paniquée, ayant comme l’impression d’entendre circuler le sang énergiquement pompé par les battements précipités de mon cœur. Vêtue comme pour un bal masqué en Alice aux pays des merveilles, toute en crêpe de chine lumineuse, j’observais la pièce des désirs telle que l’on me l’avait nommée sur la carte reçue pour mes vingt-huit ans.

« Make A Wish ! » ornait le carton aux liserés d’or lorsque mon amie me l’avait tendue, béate d’impatience. Elle voulait que j’inscrive à l’intérieur du papier ce qui me ferait honteusement plaisir sans que jamais je n’eus osé l’avouer à voix haute. Le soir même, tandis que les invités s’en allaient au fur et à mesure, j’inscrivis un rêve lointain, un écho de mon enfance que je n’avais pû oublier. Puis je l’avais glissé dans la boîte aux lettres à l’adresse mentionnée. La réponse n’avait nullement tardé avec ses indications et ses exigences. La curiosité ou l’ennui l’avait emporté sur tout les raisonnements possibles.

Je me faisais l’effet d’une héroïne de Lewis Caroll perdue dans un monde fantastique et crémeux, complètement indécente sous ses apparats de carnaval. Alors que je faisais visuellement l’inventaire de cet endroit étrange, j’aperçus du coin de l’œil un ours en peluche grotesque, immense. Et, à l’autre bout de la chambre aux couleurs bleus et roses pâles, une poupée de grande taille, plus élancée que moi, était assise là, sa tête reposant paisiblement sur sa poitrine. Je m’avançai dès lors au centre de la pièce, ne sachant que faire pour provoquer le début des offensives dans ce décor de fillette. Même le lit était imposant et semblait irréel, sorti d’un conte de fée étrange, truffé de draps en dentelles et d’oreillers à foison piqués de fleurs multicolores. Puis, tout d’un coup, comme si une baguette invisible avait actionné les marionnettes de la pièce, l’ours se redressa doucement pour s’avancer vers moi. J’étouffai un cri lorsqu’il grogna à mon encontre, mais il m’enserra dans sa fourrure et je me laissai faire, la surprise passée. La température augmenta de plus belle, la peluche géante griffait gentiment la peau de mes fesses ; j’aimais cette approche atypique mais bizarre. L’ours me souleva légèrement pour se frotter contre moi, ses poils doux chatouillant le bord de mes lèvres. Je fermai alors les yeux pour en apprécier le rendu. La bosse bientôt sous le déguisement vint ensuite combler le bercement hypnotique et excitant de ce jeu. J’ondulais légèrement afin d’en éprouver le plus possible la fermeté. Contre les joues de la peluche, jaspées de longs poils noirs synthétiques, je fus prise d’une rage confuse où je me mis à le mordre dès qu’il émettait le moindre râle.

Il me déposa ensuite, épuisé, sur la montagne d’oreillers qui parsemait le lit. La jolie poupée s’était redressée et s’approchait de moi. Elle était ficelée dans des frusques beaucoup trop étroites pour elle, ce qui faisait déborder ses formes de toutes parts. Elle s’avançait vers nous comme une automate pour se pencher et me présenter ses seins – comme on offre des bonbons – que j’étreignis sans faire de discours. J’avais envie de sentir la fermeté de ses pointes et la rondeur des débordements. Je l’allongeai aussitôt près de moi pour jouer avec elle, la complimenter sur sa beauté, retrousser sa robe et ouvrir son corsage. J’en fis de même pour moi : je lui montrai ma poitrine que je portai à sa bouche. Elle me téta doucement, pinçant les tétons entre ses lèvres. Je lui caressais les cheveux d’une main en encourageant sa gourmandise, et, de l’autre, je m’employais à masser le doux petit bouton au-dessus de sa fente en la faisant béer. Je sentis bientôt, sur ces entrefaits, la mouille qui ne tarda pas à s’écouler entres ses fesses. Je vis disparaître mes doigts un à un dans l’ouverture suintante, aussi, agacée par mon entreprise, la poupée aspira mes tétons à tour de rôle aussi goulûment que possible.

Cela dura un long moment pendant lequel l’ours passa avec frénésie sa patte sur sa bosse. Je lui dégoisais des formules d’une insolence et d’une niaiserie confondantes. Ni trop vulgaire, ni trop sage, je provoquais son attaque à venir. Je me permis de me pencher vers le bas ventre de la poupée afin de darder ma langue sur ses muqueuses et d’en lécher le moindre repli, suçoter l’ergot gonflé au dessus de la plaie béante. L’ours n’y tenant plus se mit à nous encourager. Échaudée, je me couchai finalement sur ma poupée afin de lui lécher les lèvres tandis qu’elle me caressait les fesses, les écartant légèrement, faisant bâiller le con et exciter l’ours qui ne tarda pas à présenter sa queue. Il titilla l’encolure baveuse de la poupée et la mienne, puis il laissa vagabonder sa queue sur les parois de mes lèvres entrouvertes. Dès les premiers élans, enivrée par la douceur de la poupée et de sa peau contre la mienne, j’eus l’impression de n’être qu’une boule de chaleur. La jouissance prenait naissance au fond de ma gorge, dans les tremblements de mes cuisses ; les tressaillements à chaque hoquet de plaisir firent écho à ceux des jouets. Sa grosse queue labourait mon ventre tandis que j’enfournais ma langue dans la bouche de la poupée. Je mouillai mon doigt afin de dessiner un cercle opaque sur ses aréoles et lui taquiner les bouts. L’ours s’extirpa de mes limbes pour s’introduire dans celles de la poupée. Il l’enfilait avec frénésie poussant des grognements insultants. Alors, elle se branla avec ferveur, les yeux clos ou rivés sur les miens. Je prenais autant de plaisir à observer les tics sur son visage baigné d’une étrange lueur – la jouissance la rendait étonnamment magnifique et excitante. Je lui mordillais les lèvres pendant qu’elle poussait de petits cris et de grands râles. L’ours passait d’un vagin à l’autre sans se formaliser, imprimant ses pattes de chaque côté de mes reins.

Les joues roses de la poupée et les miennes virent bientôt jaillir la reconnaissance de l’ours. Le buste strié de sueur et de foutre, je laissai la poupée me lécher afin de me nettoyer, puis je l’embrassai voracement, la serrant dans mes bras pour sentir à nouveau contre moi cette douceur affectée. Pendant ce temps, l’ours avait repris sa place. Il s’assit pour ne plus s’ébranler et, ainsi, ce fut le tour de ma chère poupée, nue et satisfaite de retrouver sa position de départ : les bras ballants, la tête à nouveau posée sur sa poitrine. Je me rajustai, encore imprégnée de l’ivresse de mon cadeau d’anniversaire, puis je sortis de la chambrette en refermant la porte sur un capharnaüm serein et mes deux jouets immobiles.

DOLLHOUSE
http://paracelsia.cowblog.fr/images/1/1268736.gif                                                                                                                       Photo de Jan Scholz ©

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