Paracelsia

† La Madone Anthracite †

Jeudi 14 juin 2007 à 22:38


Papa m'a apprit que la mort n'est qu'un prélude à un second cycle de vie haineuse et sans fondement, que l'inimitié devait s'affronter avec ce regard froid que l'on vous rend au fond d'une tombe,
Les yeux embués et la peau iridescente d'une substance désagréable qui endeuille votre innocence non acquise encore.
Maman m'a infligée les souffrances d'un Jésus Christ de braderie, des coups d'épines qui m'ont labourée la chair des années durant et m'on fait oublier ce cœur qui bat et devrait s'émerveiller, cette puctulose infecte qui m'a engendré et me laisse l'insulter sans férir.

Le monde est pusillanime, globe écœurant atteint d'exophtalmie, purulent et tournant sans pudeur sur elle-même des années durant.
Ô infame ! Sache que l'enfant a grandit trop vite, et que cette exuvie précoce a rendu l'âme amère et putrescente.
Comment continuer à masquer cette tache incolore aux fonds des yeux, du ventre et du con.
Celui qui pénètre m'a apprit que la jouissance n'était qu'une question de nerfs et de sensibilité, l'imbécile n'a t-il pas montré du doigt son prépuce écœurant ?
L'amour est vivant, on le jurerait ! Cette préhension maladroite qui vous laisse pantois à demi-morte sous l'extase de vos fantasmes dévorants,
sans en comprendre ses valeurs extrinsèques,
amour ancillaire, amour qui brille comme le vagin d'une femme excité, qui sent comme le sang rance de vos cadavres cachés.


Papa m'a apprit que pontifier sur l'art de mes abnégations énigmatiques ne servait qu'à soutenir la thèse de ma folie ainsi que mes hystéries.
Que la géhenne dans laquelle je me complais avec cette sottise m'assassinera sûrement avant que je n'aie le temps d'apprécier quoi que ce soit.
Maman m'a apprit que mes commisérations vis à vis des malheureux décharnés n'est qu'hypocrisie pour cacher la fascination dû à l'horreur.
Que s'amuïr lentement ne servait qu'à me rendre plus pathétique encore.
Celui qui aime m'a apprit que sur sa bouche résidait une chaleur plus étouffante que celui de mes lèvres ligulées, que dans ses bras, l'acide n'y est pas ancré et que sa vie était une rythmique insidieuse qu'il aimerait lester sans regret.
A quoi bon se régir à travers ses yeux, si le désir masque chaque mot.
Comment éprouve t-on cet amour dégénéré que l'homme tient en haute estime, mais ne parvient à distiller ?
Pourquoi lui rimerait-il avec confiance alors que mes bras m'étranglent?


Papa et maman m'ont dit que rien de beau ne m'arriverait jamais.

Photo de Chris Anthony
©

Par and-justice-for-all le Jeudi 14 juin 2007 à 22:55
C'est vraiment magnifique, avec un vocabulaire vraiment soutenu (y'a pas mal de termes que j'ai pas captés xD).
La seule ombre tableau c'est la faute d'orthographe "cadavres cacher" ^^

Bref, c'est vraiment très beau même si il faut s'accrocher pour saisir le tout :)

Bravo !
Par mae le Vendredi 15 juin 2007 à 6:03
Et lire ça compense (ou fait regreter?) qu'il n'y ai pas des tes textes plus souvent. Merci.


Par kirjava le Lundi 25 juin 2007 à 10:43
Peut-être que leur notion de la Beauté n'est pas la même...
Par emyagony le Mercredi 29 août 2007 à 17:45
cet article est vraiment tres beau aussi bien par son écriture que par son esthétique! D'ailleurs, une phrase m'est restée "on finit d'etre un efant lorsque l'on prend conscience que l'on est mortel"... Moi aussi j'ai grandit trop vite mais je cherche à tout pris a retrouver mon innocence perdue...
 

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