Paracelsia

† La Madone Anthracite †

Mercredi 8 février 2006 à 17:07

Les films de Miyazaki ont remis au goût du jour les créatures du bestiaire imaginaire et des légendes Japonaise. Du mercredi 26 octobre 2005 au samedi 28 janvier 2006 se tenait à La Maison de La Cuture du Japon à Paris, une grande et sublime exposition sur ces créatures, Les Yokai, des plus effrayants aux plus absurdes. Allez voir Pompoko de Isao Takahata, et vous verrez ce que je veux dire...

"Êtres surnaturels, monstres, esprits…: les yôkaï revêtent une multitude de formes et font partie intégrante de l'imaginaire japonais depuis les temps les plus reculés. Avec la modernisation de l'archipel au XIXe siècle, ils furent brusquement relégués au rang de simples superstitions. Pourtant, depuis plus de dix ans, ces étranges créatures suscitent un formidable regain d'intérêt au Japon ainsi que l'attestent les succès fulgurants des dessins animés de Hayo Miyazaki.
Cette exposition retrace l'évolution des yôkaï dans l'art japonais, du Moyen Âge à nos jours. L'ensemble de peintures sur rouleaux, estampes, livres illustrés, kakemono et mangas que présente la MCJP nous plonge dans un univers parfois effrayant, souvent humoristique.
Quelques statuettes aux formes étranges datant de l'époque Jômon montrent que les êtres aux apparence anormales ou effrayantes ont toujours exercé une puissante fascination sur les habitants de l'archipel. Toutefois, c'est au XIIe siècle qu'apparaissent les premières peintures de monstres, alors que le monde des nobles cède la place à la société féodale des guerriers. Reflet d'une société angoissée, une curiosité pour les choses étranges ou grotesques se développe dans la population. A partir de l'époque de Muromachi (1392-1573), les couches populaires, à l'instar de la classe aristocratique, deviennent friandes des peintures sur rouleaux narrant les aventures d'êtres surnaturels maléfiques. Chef-d'œuvre du XVIe siècle, le Rouleau peint des esprits des vieux objets  raconte avec un humour féroce comment les ustensiles mis au rebut se métamorphosent en monstres et se vengent cruellement des hommes avant de se convertir au bouddhisme.
Dans le Rouleau peint du cortège nocturne des Cent Démons, êtres hybrides, démons et autres esprits d'objets forment une joyeuse cohorte qui se fond dans les ténèbres. S'ils rappellent les hordes de voleurs qui, à la nuit tombée, menaient des razzias dans la capitale, ces cortèges d'objets animés témoignent avant tout d'une conception animiste du monde selon laquelle une « âme » - un esprit – réside même dans les êtres inanimés.
L'époque d'Edo (1603-1868) est une période de prospérité pendant laquelle les marchands, forts de leur pouvoir économique accru, créent leur propre culture. Lassés par la monotonie d'un monde en constante paix, à la recherche d'émotions fortes, ils se prennent de passion pour les yôkaï qui deviennent une source inépuisable de divertissement.
Les citadins recherchent le frisson dans les peintures de spectres. Mais d'autres yôkaï ont également la faveur du public : le renard qui change d'apparence pour duper les humains ; l'attendrissant kappa, esprit des eaux qui vit dans les rivières ; l'étrange personnage au cou démesurément long…
Le développement des techniques de l'estampe permet une large diffusion des représentations de yôkaï dont le nombre ne cesse d'augmenter depuis le début du XVIIe siècle. Désireux de recenser de manière relativement scientifique ces êtres surnaturels, le maître d'estampes Toriyama Sekien publie une encyclopédie illustrée. Cette œuvre qui connaît un immense succès donne naissance à tout un courant d'ouvrages dans la même veine et stimule l'imagination d'autres grands peintres d'estampes de l'époque. Les plus célèbres sont Hokusai, dont les squelettes terrifiants et autres animaux fantastiques s'inspirent souvent des ouvrages d'anatomie ou de zoologie provenant de Hollande, et son disciple Utagawa Kuniyoshi qui perpétue avec talent ce style réaliste.
Les remarquables progrès techniques et scientifiques effectués à partir de l'ère Meiji (1868-1912) ont entraîné un désintéressement pour les yôkaï. Cependant, on assiste depuis peu à un renouveau des monstres dans le domaine pictural, principalement dans le manga.
C'est durant l'après-guerre que le manga de yôkaï devient un genre à part entière. Il connaît une formidable popularité dès la fin des années 1960 et contribue largement au boom de l'édition des mangas. Figure emblématique de ce nouveau genre, le dessinateur Shigeru Mizuki s'applique à la constitution d'un inventaire des yôkaï, comme l'avaient fait les peintres d'estampes dans les encyclopédies illustrées. Ses successeurs ont des approches souvent très différentes et vont chercher leurs matériaux de base encore plus loin, dans le Japon médiéval ou la Chine antique... Réputées pour leur grande sensibilité esthétique, les dessinatrices ont quant à elles réussi à s'imposer dans un genre a priori masculin, le manga d'horreur."

MCJP
(Maison de la Cuture du Japon à Paris)

Illustration de Toshio Saeki ©

Par kaa le Jeudi 9 février 2006 à 23:43
trop beau ce blog
et trop bien illustré
Par NeSsTeA le Mardi 21 février 2006 à 7:50
Article franchement interessant dommage que je ne soit pas de paris sa aurait pu m'aider on étudie l'art japonnais sous toute ces formes en ce moment :)
bisou a toi et encore tres bonne continuation
 

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